J’ai deux vies qui s’unissent et se dédoublent

Par Licia Soares de Souza

J’ai deux vies qui s’unissent et se dédoublent.

L’une resplendit sous le feu de l’astre roi,
le soleil qui vient réconforter,
nous envelopper dans son étreinte incandescente.
Ô douce poitrine
qui berce mon corps semi-nu,
le caressant au gré des palmes tropicales.
Cette chaude lumière est mon bien vital.
Elle couve sous le sable brûlant,
étincelle sur les tours de béton,
les nappes des parages les plus suffocants.
Elle réveille la fécondité des nuages
qui se tressent dans le ciel.
Mes ardeurs s’y multiplient, mes joies s’y agitent,
et de ce tourbillon pointe in fine une constance,
dans chaque nouvelle et vibrante journée.

L’autre vie triomphe dans une lumière sans chaleur.
Celle qui se transforme en une prodigieuse source d’énergie,
reflétant les cristaux de neige, déposés sur toutes les branches,
sous un ciel bleu témoin de toutes mes déambulations.

Je virevolte parmi mes voyelles,
et leurs couleurs me captivent.
Le français que je déploie
a surtout la couleur d’une neige abondante
souffleuse d’imaginaires
fée d’évasions!

Voyelles plus blanches
qu’hier?
Blanc couleur de glace
qui dit tout et remplace
le blanc des chaudes embrasures.
Je suis re- née d’un flocon de neige
quand une rafale
a projeté mon âme
dans un écrin de branches givrées.

Je vois mes flocons de neige
gagner un accent français de correspondances
de vécus intenses,
mon cœur chante et se désenchante
apprend à s’emballer,
quand il faut aimer
et iriser la vie
pour donner à voir
toutes ces métamorphoses.

Adieu chers flocons de neige,
je m’en vais sur les feuilles d’érable.
La sève monte !
Je me réveille
les rayons de soleil sont là, sur moi,
viennent me rejoindre au lit.
Chaleur…
Je vois sur-le-champ
les fûts
miroir de la drave dans la rue des migrants,
hardis canotiers,
« Et pique et pique et gaffe et gaffe encore! »
Elle est là, la race qui ne sait pas mourir.

Mes multiples masques arrachés,
me voilà devant vous,
comme une revenante de tant de flamboiements.

Je suis maintenant de celles
qui écrivent, joyeuses
d’heures en minutes.
Je suis de ces personnes
profondément remuées,
par les correspondances des clartés et nuages,
les mots émergent,
et les paysages tressaillent.

Je ne sais plus contempler,
ce qui existe en moi,
cette force irrésistible de la tissure.

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